L’enseignement à Maubert
Au début du XIIIe siècle, un des premiers collèges fondé à Paris fut Place Maubert, près des premières écoles. Il s'agissait du collège Constantinople" ou "Collège Grec" fondé en 1206 pour des étudiants grecs. Mais il tomba en décadence, et fut acheté en 1362 par Guillaume de la Marche qui en fit en 1402 un nouveau collège. Celui-ci fut réuni en 1422 au grand Collège de la Marche.
La Place Maubert était le grand centre de rassemblement des écoliers. Les élèves écoutaient debout les maîtres qui donnaient leurs cours, sur un perchoir. On y enseigna la philosophie et la physique d'Aristote. La place Maubert reçut ensuite potences, roues et bûchers, surtout sous François Ier
La statut Etienne Dolet
La statue qui trônait au milieu de la place Maubert (5ème arrondissement), sur le cliché ancien, est celle d’Etienne Dolet. Erigée en 1889, elle a été fondue par les allemands pendant l’Occupation de la seconde guerre mondiale. Son socle était encore en place jusque dans les années 1970.
Etienne Dolet était supposé entretenir le souvenir douloureux du passé de la place Maubert, théâtre au Moyen-âge de tortures, supplices, jugements expéditifs, pendaisons et bûchers. Poète, imprimeur, humaniste, lâché par le roi François 1er, il est condamné pour hérésie, il est torturé, étranglé et brûlé avec ses livres le 3 août 1546.
Jusqu’à la fin du XIXème siècle, Maubert resta un quartier de tavernes et de mauvais lieux, le royaume des voyous, des « truands » et aussi celui des clochards. La misère y était très grande et l’on y rencontrait toutes sortes de petits métiers qui n’offraient guère que des ressources précaires aux habitants. Parmi eux, les ravageurs qui fouillaient les ruisseaux fangeux de la capitale et rapportaient chez eux de grandes sébiles de bois pleine de vase, qu’ils triaient dans l’espoir de quelque découverte précieuse, les marchands de mouron, les fabricants d’échaudés sans saveur, les rempiéceurs de bas, les faiseurs de pipes en sucre, les vendeurs de coco et de coriace (bonbons de pain d’épice), les inventeurs de petits moulins en plume, les colleurs de sacs en papier et de cornets pour épiciers, l’écrivain public et l’arracheur de dents.
Mais l’activité la plus singulière de la place, c’était son marché aux mégots, que les clochards ramassaient, à l’aide d’un crochet, dans les rues et aux terrasses des cafés. Les « clopes » étaient très soigneusement triés, puis hachés et séchés.. Quand les ramasseurs en avaient une certaine quantité, ils les portaient au marché central, où des industriels achetaient le tabac pour en faire des cigarettes, vendues sous le nom de « cigarettes à la main ».
Les ramasseurs de mégots
